À Brazzaville, le Centrafrique porte ses priorités face aux menaces sanitaires
BRAZZAVILLE, 3 novembre 2026 — Détecter plus tôt une menace, transmettre l’alerte et coordonner la riposte : la République centrafricaine porte ces priorités à Brazzaville, où la troisième phase du Programme de sécurité sanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre (HeSP) est officiellement lancée mardi au bénéfice de quatre pays de la région.
Par Rocka Rollin LANDOUNG, Spécialiste en communication des projets SENI Plus & HeSP
Le Cameroun, le Congo, la Centrafrique et le Tchad sont concernés par cette nouvelle étape, destinée à renforcer leur préparation aux urgences sanitaires et leur capacité à agir ensemble lorsqu’une menace dépasse les frontières.
Ouverte le 2 novembre à l’hôtel Hilton de la capitale congolaise, la conférence réunit environ 180 participants représentant les États, les institutions régionales et les partenaires techniques et financiers. Elle est organisée conjointement par la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) et la Banque mondiale.
Pour la délégation centrafricaine, l’enjeu est de faire valoir les besoins du pays, depuis la surveillance dans les communautés jusqu’à l’organisation de la réponse aux urgences.
La Coordonnatrice générale des projets de santé, Dr Edith Puclhérie SAKO, participe aux travaux avec le Dr Ernest KALTHAN, Directeur de la Surveillance épidémiologique et de Gestion des Urgences de Santé publique, le Dr Marie Noël MBAÏKOUA, point focal du projet HeSP, et le Dr Franklin YANGORO, Spécialiste en surveillance digitale à base communautaire.
Leur présence rassemble plusieurs maillons de la préparation sanitaire : la coordination des projets, l’analyse des alertes, le suivi du programme et la remontée des informations depuis le terrain.
Derrière ces fonctions se joue une même exigence : permettre à un signal détecté dans une communauté de parvenir aux services compétents, puis de déboucher sur une intervention adaptée. Les échanges de Brazzaville doivent contribuer à mieux relier ces étapes et à identifier les moyens nécessaires pour les rendre plus efficaces.
Relier santé humaine et santé animale

La représentation centrafricaine comprend également le Dr Patrick NINGATA-DJITA, Directeur de Cabinet du ministère de l’Élevage et de la Santé animale, ainsi que des experts d’autres ministères comme le ministère de l’environnement.
Cette participation donne une dimension interministérielle aux priorités défendues par Bangui. Elle inscrit la prévention des maladies animales et la protection du cheptel dans une réflexion commune sur la sécurité sanitaire.
L’approche « Une seule santé », ou « One Health », occupe ainsi une place centrale dans les discussions. Fondée sur les liens entre santé humaine, santé animale et environnement, elle appelle à rapprocher les services de surveillance et les capacités d’intervention de plusieurs secteurs.
Pour la Centrafrique, la présence conjointe de ces responsables offre l’occasion d’examiner les besoins de coopération entre administrations et de rechercher des appuis techniques auprès des partenaires régionaux et internationaux.
Des moyens à inscrire dans la durée
La conférence aborde aussi le financement des dispositifs sanitaires, la formation des personnels et le renforcement des laboratoires. Les outils numériques et l’intelligence artificielle figurent au programme des échanges, avec l’objectif d’améliorer la surveillance et l’anticipation des risques.
Plusieurs institutions spécialisées de la CEMAC sont associées à la rencontre. L’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale de la santé animale, la FAO et Africa CDC figurent également parmi les partenaires annoncés.
Cette troisième phase du HeSP doit permettre aux pays bénéficiaires de consolider leurs dispositifs nationaux tout en organisant une coopération plus étroite à l’échelle régionale.
Pour la délégation centrafricaine, la portée du rendez-vous se mesurera aux suites concrètes données aux discussions : des personnels mieux préparés, une information sanitaire qui circule plus rapidement et des services capables de mobiliser ensemble leurs moyens. Avec, au bout de cette chaîne, la protection des populations et des élevages.




