Centrafrique : une mission stratégique pour préparer le programme « Santé & Emplois »

Rocka Rollin LANDOUNG
Spécialiste national en communication des projets de santé financés par la Banque mondiale, Coordination générale

BANGUI, 21 septembre 2026 — Le gouvernement centrafricain via le Ministère de la Santé et de la Population et la Banque mondiale ont engagé, à Bangui, une mission de préparation du programme Multi-Phases Santé & Emplois (Health & Jobs MPA), consacrée à la définition des priorités de la première phase d’un projet qui entend agir à la fois sur la qualité des services de santé, les ressources humaines et le fonctionnement de l’écosystème sanitaire.

Prévue du 21 au 25 septembre 2026, cette mission réunit les équipes du gouvernement, de la Banque mondiale, les directions techniques du ministère de la Santé ainsi que plusieurs partenaires du secteur. Les travaux doivent permettre de consolider les orientations stratégiques, d’identifier les interventions prioritaires et de préparer les prochaines étapes de conception du programme.

Dès l’ouverture des travaux, les échanges portent sur le périmètre de la Phase I, les interventions à privilégier, les zones d’intervention et les bénéficiaires prioritaires. Ces arbitrages sont conduits alors que l’enveloppe financière du programme reste à confirmer.

Transformer la prestation des services de santé

L’amélioration de la prestation des services constitue l’un des principaux axes de la mission. Les participants examinent notamment le financement basé sur la performance, la santé maternelle, néonatale et infantile, les services de santé communautaire, la nutrition ainsi que la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre dans les zones prioritaires.

Les infrastructures sanitaires et les plateaux techniques, notamment leur mise à niveau, figurent également parmi les sujets abordés. L’objectif est de dégager des options prioritaires et de préciser les conditions de leur mise en œuvre.

Cette approche doit permettre de passer d’une réflexion sectorielle à une programmation structurée, avec des priorités, des zones ciblées et des conditions de mise en œuvre clairement identifiées.

Les ressources humaines, un enjeu central

Le capital humain occupe une place importante dans la préparation du futur programme. Une session spécifique est consacrée à la formation, au recrutement, au déploiement, à la rétention et à l’emploi des personnels de santé.

Les travaux doivent permettre d’identifier les mesures prioritaires et leurs prérequis institutionnels et financiers. Une matrice doit notamment préciser les responsabilités, les coûts indicatifs et les prochaines étapes.

La mission accorde également une attention particulière aux agents de santé communautaires. Un diagnostic situationnel doit servir de base à des orientations concernant leur formation, leur professionnalisation, leur déploiement, leur supervision et leur emploi.

La transformation numérique au service du système de santé

La digitalisation constitue un autre volet majeur des discussions. Les participants travaillent notamment sur la mise en place d’un système numérique de gestion des ressources humaines en santé, avec une attention portée aux données prioritaires, à l’interopérabilité, aux capacités requises et aux modalités de déploiement.

La chaîne d’approvisionnement en produits de santé essentiels fait également l’objet d’un examen approfondi. Il s’agit de prioriser les réformes et investissements nécessaires pour améliorer la gouvernance logistique, le financement et la disponibilité des médicaments essentiels.

Dans cette perspective, le système électronique de gestion de l’information logistique, eLMIS, doit également être évalué. Les travaux portent sur les enseignements du pilote, les possibilités de mise à l’échelle, l’interopérabilité, mais aussi les investissements nécessaires en matière d’entreposage et de chaîne du froid.

Climat, gouvernance et environnement : des dimensions intégrées

La préparation du programme prend également en compte les risques liés au changement climatique. Une matrice doit permettre d’identifier ces risques et de définir les mesures d’adaptation, de résilience et d’atténuation à intégrer dans la conception du projet, ses indicateurs, son chiffrage et sa mise en œuvre.

La composante « Écosystème » doit, quant à elle, permettre d’aborder les questions de gouvernance, de financement et de digitalisation. Les participants sont appelés à établir un diagnostic commun, puis à prioriser les interventions en précisant les résultats attendus, les responsabilités, les dépendances et les prochaines étapes.

Les dimensions fiduciaires, notamment la gestion financière et la passation des marchés, ainsi que les aspects environnementaux et sociaux, complètent cette démarche de préparation. Les travaux doivent permettre d’identifier les risques, les mesures d’atténuation et les actions préparatoires nécessaires.

Vers une feuille de route pour la prochaine étape

La dernière journée de la mission sera consacrée à la consolidation des travaux. Les équipes doivent notamment élaborer une théorie du changement et un cadre de résultats préliminaire, reliant les interventions envisagées aux résultats attendus, aux indicateurs et aux sources de données.

Le chiffrage des interventions potentielles de la Phase I sera également revu, avec l’examen des hypothèses de coûts et des options de séquençage.

La mission doit se conclure par une réunion avec le gouvernement et une audience auprès du ministre de la Santé. Les principales conclusions, les décisions, les points en suspens et les prochaines étapes doivent être consolidés dans une feuille de route préparant la revue technique de conception du programme.

Cette feuille de route précisera notamment les actions à mener, les responsables, les échéances, les dépendances et les modalités de suivi jusqu’à la prochaine revue technique de conception.

La mission de préparation apparaît ainsi comme une étape structurante pour transformer les différentes orientations sectorielles en un cadre d’intervention cohérent, assorti de priorités, de responsabilités et d’un calendrier de travail partagé entre les parties prenantes.

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