Santé en République centrafricaine : avec le futur MPA Santé & Emploi, le Gouvernement et la Banque mondiale ouvrent une nouvelle étape de leur partenariat

Par 𝐑𝐨𝐜𝐤𝐚 𝐑𝐨𝐥𝐥𝐢𝐧 𝐋𝐀𝐍𝐃𝐎𝐔𝐍𝐆𝑆𝑝𝑒́𝑐𝑖𝑎𝑙𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑢𝑛𝑖𝑐𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒́ 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒́𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑎 𝐵𝑎𝑛𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑖𝑎𝑙𝑒

Mission d’identification du Projet Multi-Programmatique (MPA Santé & Emploi) | Bangui, du 3 au 7 août 2026

Bangui accueille cette semaine une mission stratégique de la Banque mondiale consacrée à la préparation du futur Projet Multi-Programmatique (MPA) Santé & Emploi. Durant cinq jours, autorités nationales, experts internationaux et partenaires techniques passent au crible les principaux défis du système de santé centrafricain afin de définir les priorités d’un programme appelé à prendre progressivement le relais de SENI Plus, tout en s’articulant avec le projet HeSP, qui poursuivra sa mise en œuvre avec une forte dimension régionale. Au-delà d’un nouveau financement, c’est une nouvelle vision du développement du secteur de la santé qui est en construction.

Une semaine qui pourrait redessiner l’avenir du système de santé

Dans les salles de réunion du projet SENI Plus à Bangui, les échanges engagés depuis le 3 août dépassent largement le cadre d’une simple mission technique. Ils traduisent une ambition commune : préparer la prochaine génération d’investissements de la Banque mondiale dans le secteur de la santé en République centrafricaine.

Pendant cinq jours, les équipes de la Banque mondiale, les responsables du Ministère de la Santé et de la Population, les directions techniques, les institutions partenaires ainsi que plusieurs départements ministériels examinent les forces et les faiblesses du système national de santé afin d’élaborer les fondations du futur Projet Multi-Programmatique (MPA) Santé & Emploi.

Cette mission d’identification constitue une étape essentielle du processus de préparation du programme. Elle ne vise pas encore à arrêter les financements ou les activités définitives, mais à construire, avec les autorités nationales, une vision commune des réformes à engager et des investissements prioritaires qui permettront de renforcer durablement le système de santé.

Un partenariat qui entre dans une nouvelle phase

Depuis plusieurs années, la coopération entre la République centrafricaine et la Banque mondiale s’est traduite par la mise en œuvre de projets structurants qui ont contribué à améliorer l’accès aux soins, renforcer les capacités institutionnelles et accroître la préparation du pays face aux urgences sanitaires.

Le futur MPA Santé & Emploi s’inscrit dans cette continuité. Il est appelé à prendre progressivement le relais du projet SENI Plus, tout en développant une approche plus large centrée sur la transformation du système de santé et la création d’emplois dans le secteur.

En parallèle, le Projet de Renforcement de la Sécurité Sanitaire (HeSP) poursuivra sa mise en œuvre. Doté d’une forte dimension régionale, il continuera d’appuyer la prévention, la préparation et la riposte aux urgences de santé publique, notamment dans les zones frontalières exposées aux risques épidémiques.

Loin de se concurrencer, ces deux programmes sont conçus pour être complémentaires. Là où le MPA Santé & Emploi accompagnera les réformes structurelles du système de santé, HeSP consolidera les capacités nationales et régionales en matière de sécurité sanitaire.

Faire de la santé un levier de développement

Au cours de la rencontre avec la délégation de la Banque mondiale, le ministre de la Santé et de la Population a défendu une vision ambitieuse du futur programme.

Pour les autorités centrafricaines, le prochain partenariat ne doit plus être considéré comme un simple projet de financement. Il doit devenir un véritable instrument de transformation des politiques publiques, capable de renforcer durablement la souveraineté sanitaire du pays.

Cette ambition est directement liée aux enseignements tirés des dernières années. La pandémie de COVID-19, les flambées de rougeole, l’épidémie de choléra ainsi que la menace persistante de la maladie à virus Ebola ont démontré qu’un système de santé performant ne peut plus être pensé uniquement en période de crise. Il doit être capable d’anticiper les risques, de détecter rapidement les menaces sanitaires et de mobiliser efficacement les ressources nécessaires à la riposte.

Dans cette perspective, le futur MPA Santé & Emploi devra accompagner des réformes de long terme destinées à renforcer les institutions nationales, améliorer la gouvernance et accroître la résilience du système de santé.

Capitaliser sur les acquis de SENI Plus et de HeSP

L’un des principes qui guide cette mission consiste à partir des expériences réussies plutôt qu’à repartir de zéro.

Le ministre a ainsi rappelé les résultats obtenus grâce au projet HeSP dans le domaine de la sécurité sanitaire. Face aux risques permanents liés à la proximité avec la République démocratique du Congo, plusieurs équipes multidisciplinaires ont été déployées dans le sud-est du pays afin de renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer la détection précoce des alertes et préparer les districts sanitaires à une éventuelle introduction de la maladie à virus Ebola.

De son côté, le projet SENI Plus a permis d’introduire des innovations majeures dans le fonctionnement du système de santé, notamment à travers le renforcement de la participation communautaire, le développement des Agents de Santé Communautaires, l’amélioration des mécanismes de gouvernance locale et la mise en œuvre du Financement Basé sur la Performance.

Ces acquis constituent aujourd’hui un socle solide sur lequel reposera la conception du futur MPA Santé & Emploi.

Une méthode fondée sur l’écoute et le diagnostic

Contrairement aux approches classiques, la Banque mondiale a choisi de préparer cette mission à partir d’un vaste questionnaire adressé aux différentes directions du Ministère de la Santé et de la Population.

Ce travail préparatoire, auquel les autorités nationales ont activement contribué, permet d’orienter les discussions sur des données objectives, d’identifier les contraintes les plus importantes et de hiérarchiser les priorités. Le ministre a d’ailleurs salué cette démarche, qu’il considère comme une évolution majeure dans la manière de concevoir les programmes de développement, privilégiant l’écoute des besoins nationaux et la co-construction des solutions.

Quatre grands chantiers au cœur de la mission

Tout au long de la semaine, les travaux s’articulent autour de quatre composantes majeures.

La première est consacrée à la prestation des services de santé, avec un examen approfondi des soins de santé primaires et de leur capacité à répondre aux besoins des populations.

La deuxième porte sur les ressources humaines en santé, considérées comme l’un des principaux défis du système sanitaire centrafricain.

La troisième composante analyse la chaîne d’approvisionnement en médicaments et produits de santé afin d’améliorer leur disponibilité sur l’ensemble du territoire.

Enfin, la quatrième s’intéresse à la gouvernance, au financement du secteur et à la transformation numérique, autant de leviers jugés essentiels pour moderniser durablement le système de santé.

Ces ateliers techniques, organisés selon l’agenda officiel de la mission, constituent le cœur du processus d’identification. Ils permettront de dégager des orientations communes qui serviront de base aux prochaines étapes de préparation du MPA Santé & Emploi.

À suivre dans notre deuxième volet : Pourquoi les ressources humaines et les soins de santé primaires sont appelés à devenir les deux piliers du futur MPA Santé & Emploi.

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