Ouverte vendredi 14 août 2026 par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Félix Moloua, la réunion consultative transfrontalière de haut niveau sur le risque de la maladie à virus Bundibugyo se poursuit ce samedi à Bangui. Pendant deux jours, cinq pays, aux côtés de l’Organisation mondiale de la Santé et d’Africa CDC, réfléchissent à une réponse régionale face à une menace sanitaire qui ignore les frontières.
Par Rocka Rollin LANDOUNG, Spécialiste national en communication des projets de santé
BANGUI — La sécurité sanitaire est devenue une affaire qui dépasse largement les frontières nationales. C’est autour de cette conviction que s’est ouverte, vendredi 14 août à Bangui, la réunion consultative transfrontalière de haut niveau sur le risque de la maladie à virus Bundibugyo.
La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Félix Moloua, marquant ainsi l’engagement des autorités centrafricaines au plus haut niveau dans la préparation et la réponse aux urgences sanitaires.
À ses côtés, plusieurs membres du Gouvernement et hautes personnalités ont pris part à cette importante rencontre. Parmi eux, le Ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre SOMSE, au premier rang de la mobilisation nationale contre les menaces épidémiques, mais également la Ministre chargée de la Promotion du genre, de la Protection de l’enfant et de la Promotion familiale, Dr Marta KIRIMAT, ainsi que le Ministre des Transports, M. Herbert Gontran DJONO AHAHA.
La rencontre a également mobilisé les hauts cadres du Ministère de la Santé et de la Population, aux côtés des partenaires techniques et des délégations étrangères venues prendre part à ces deux journées de concertation.
Cinq pays autour d’un même impératif
Depuis vendredi, Bangui accueille ainsi les délégations de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine, de la République du Congo, du Soudan du Sud et de l’Ouganda, autour de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’Africa CDC.
Organisée au Ledger Plaza Hotel, cette réunion vise à renforcer la préparation collective face au risque de propagation transfrontalière de la maladie à virus Bundibugyo et à consolider les mécanismes de coopération entre les pays concernés.
La mobilisation de haut niveau observée dès l’ouverture traduit l’importance accordée à cette concertation. Car dans une région où les populations et les marchandises circulent quotidiennement d’un pays à l’autre, une menace sanitaire localisée peut rapidement prendre une dimension régionale.
Une réponse régionale à une menace sans frontières
La première journée des travaux a permis aux participants d’examiner la situation épidémiologique liée à la maladie à virus Bundibugyo ainsi que les risques de propagation vers les pays voisins.
Les discussions ont porté sur les principaux corridors de transmission, les zones frontalières prioritaires et les dispositifs de préparation déjà mis en place. L’objectif est d’améliorer la capacité collective des États à détecter rapidement un risque, à partager l’information et à coordonner une réponse efficace.
Les cinq délégations nationales ont également partagé leurs expériences respectives en matière de collaboration transfrontalière. Les échanges ont permis de mettre en évidence les initiatives existantes, mais aussi les défis auxquels les pays restent confrontés dans les domaines de la surveillance, de l’alerte précoce et de la coordination opérationnelle.

De la concertation à l’action
Au-delà des échanges, les travaux engagés à Bangui visent à poser les bases d’un cadre commun de coopération entre les cinq pays.
Les participants examinent notamment les mécanismes conjoints de surveillance et de partage des données, l’harmonisation des protocoles de dépistage et de référencement, ainsi que l’identification des sites frontaliers prioritaires et des populations les plus exposées.
Cette approche doit permettre de dépasser une logique de réponse isolée pour construire progressivement un dispositif régional capable d’anticiper les risques et d’organiser une action coordonnée.
Les travaux se poursuivent ce samedi
Ce samedi 15 août, deuxième journée de la réunion, les délégations poursuivent les échanges autour de la consolidation du cadre de coopération.
Les discussions portent notamment sur la protection communautaire, la collaboration en laboratoire et le renforcement des capacités des ressources humaines. Une visite de terrain à Mongoumba est également prévue au programme, avec un accent particulier sur le fonctionnement des dispositifs au niveau des points d’entrée et des structures sanitaires frontalières.
La journée doit également permettre d’avancer vers la finalisation du cadre ou protocole d’entente, l’identification des zones prioritaires nécessitant une action urgente et l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle commune.
Bangui au centre de la sécurité sanitaire régionale
À l’issue des travaux prévus ce samedi, les cinq pays devraient dégager une orientation commune en matière de préparation et de réponse aux risques sanitaires transfrontaliers.
La conférence de presse prévue en fin de journée devrait permettre de présenter les principales conclusions et les prochaines étapes de cette coopération entre les États participants, l’OMS et Africa CDC.
En accueillant cette concertation de haut niveau, Bangui se place au cœur d’une dynamique régionale où la santé publique devient un espace de coopération et de solidarité entre États. Face à la menace du virus Bundibugyo, le message est sans équivoque : aucun pays ne peut garantir seul sa sécurité sanitaire. C’est dans la coordination, le partage de l’information et l’action collective que se construit désormais la riposte.




